
Comme dans la plupart des pays africains, la crise que traverse le Togo, associée à une forte croissance
démographique et à la pauvreté, impose la surexploitation des ressources naturelles en général et des forêts en particulier.
En effet ces dernières fournissent des produits extrêmement variés et utiles aux populations et à l’économie togolaise :
aliments, médicaments, matériaux divers, etc. Mais ce recours aux ressources forestières a un coût environnemental important :
le Togo n’a plus de forêts primaires et les forêts secondaires se réduisent sous l’effet notamment du développement
d’une agriculture extensive pratiquant encore largement les techniques d’abattis-brûlis,
d’une forte croissance démographique, des feux de brousse, de la consommation massive
de combustibles ligneux, de l’exploitation abusive de bois d’œuvre pour ne citer que ceux-là. A titre d’exemple,
ces forêts secondaires sont passées de 449.000 ha en 1970 à 287.000 ha en 1980 puis à 140.000 ha en 1990.
Le système traditionnel des cultures vivrières pratique encore largement les techniques d’abattis-brûlis.
Autrefois, lorsque les temps de jachère étaient longs, on pouvait laisser la terre se reconstituer après trois années d’exploitation.
Actuellement, la croissance démographique, la récurrence des feux de brousse, la pénurie de terres agricoles et la
forte demande en produits forestiers ont réduit considérablement les temps de jachères : dans la zone écologique
IV où nous nous trouvons actuellement, par exemple, ils sont passés d’une vingtaine d’années autrefois à moins d’une année aujourd’hui.
Il en est résulté notamment la réduction du couvert forestier, la perte de la fertilité et l’érosion des sols.
Depuis des décennies, on assiste au développement de l’élevage des animaux domestiques dans les régions forestières qui
constituent également des zones de transhumance des animaux en provenance des pays de la sous-région comme le Burkina Faso,
le Niger et le Mali. Ces activités ont un impact environnemental négatif du fait du déboisement, du surpâturage et des feux incontrôlés.
Si l’exploitation de bois énergie, de bois de service, de « coquaires », de bambous et de produits forestiers non ligneux se pratiquent également
dans les zones forestières depuis plusieurs décennies, la carbonisation et l’exploitation de bois de cure-dents (Garcinia epuntata et Garcinia ovalifolii)
et de bois d’œuvre, elles, sont relativement récentes et se développent de manière spectaculaire. Même les hommes s’investissent dans l’exploitation de bois
de cure-dents, activité considérée jadis comme réservée aux femmes.
Les paysans emploient des scieurs professionnels qui coupent les essences de valeur ou les achètent sur pied. Cette activité est à la fois très
lucrative et très destructrice de l’environnement : elle fait intervenir des tronçonneuses et des forêts galeries disparaissent du fait non seulement
de la coupe incontrôlée des espèces précieuses, mais aussi des cultures qui suivent la coupe de bois jusqu’à la berge des cours d’eau.
Mais pour ne pas mettre en danger notre existence et celle de la faune, nous devons éviter de détruire la forêt en abattant les arbres au hasard et en y mettant le feu.
Nous devons au contraire procéder à des reboisements réguliers à chaque fois que nous abattons légalement des arbres.
KOGBE Yaovi Lowanou
Ingénieur agro-environnementaliste